petits Bidules -le bloGule de gloBule-

petits bidules du quotidien, réflexions diverses et variées sur tout, mais surtout sur n'importe quoi.

samedi 4 octobre 2008

Une mouette qui vole. Du noir et du blanc. Au milieu des vagues, dans un bateau de granit qui n'atteint jamais aucun port, un homme vit seul. Boom. Tout seul.

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lundi 23 juin 2008

Bifurcation et prise de tête

    Première fois que je prend la voiture seule pour faire le trajet entre mon premier chez-moi et ma deuxième maison. Sensation étrange: je suis bien arrivée à destination, le paysage m'est familier, le code d'entrée est bien le même; mon appartement est au même étage, les meubles n'ont pas bougé.
    Mais cependant persiste l'étrange sentiment d'avoir bifurqué au mauvais moment. D'avoir pris sans le savoir un chemin vers un autre lieu, un autre temps. Peut-être cherche-t-on à me tromper, que les murs de ma chambre ne sont que carton-pâte. J'ai le sentiment que le véritable monde où je me suis rendue va apparaître d'un moment à l'autre. Comme si le simple fait de se rendre dans un endroit en pouvant décider à chaque instant de la direction à prendre -contrairement au train où on se fait conduire- ouvrait toutes les possibilités, même celle de se retrouver dans un endroit, dans un univers improbable, surréaliste.
      En attendant, je guette l'anomalie...

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lundi 19 mai 2008

exquis, ce cadavre.

par Max et Globule.

"- Mr John, vous n'êtes qu'un con, doublé d'un parfait imbécile!
- J'en suis flatté madame...je le prends comme un compliment.
- Vous ne devriez pas ! Je vous hais monsieur.
- Ce que j'ai fait, je l'ai fait par amour des fruits exotiques, la passion vous comprenez? Haïssez moi, je ne mérite peut-être que ça. Haïssez les actes mais n'haïssez pas l'homme. Je ne demande pas votre pardon, mais j'aimerais juste que vous vous souveniez de moi.
- Ah, la belle affaire! Après ce que vous m'avez fait, je ne suis pas prête d'oublier. Rassurez-vous, j'aurais toujours pour vous l'estime d'un rat crevé.
- Quelle joie! Merci. Vraiment...
- N'en faites pas trop, je serais gênée...
- Si, si vraiment, ça me fait plaisir.
- Arrêtez voir, je ne sais plus où me mettre...
- Mettez vous où bon vous semble, les histoires de places et de société de m'intéressent guère. C'est à vous de répondre à cette question. Si mes remarques vous on fait cet effet, c'est que vous devez avoir un problème. Savez-vous ce que j'ai pensé ce matin en tournant la clé?
- Non, mais dites moi.
- Je me suis dit que, mine de rien, la sexualité des punaises de lit est vraiment singulière, et franchement dégueulasse.
- Ah bon, vous m'en direz tant...
- Si je vous assure, c'est totalement immonde.
- Oh?
- Vous vous foutez de moi, là.
- Moi, mais enfin...je n'oserais pas!
- Si, vous oseriez, votre esprit est fourbe, vil et cruel. Vous vous cachez derrière des pensées de bon enfant, mais vous connaissez le mensonge, cela se voit sur votre visage."

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jeudi 15 mai 2008


   Fumer une cigarette, c'est s'anesthésier deux sens: le goût et l'odorat. Pendant que l'on fume une cigarette ainsi que plusieurs heures plus tard, notre perception des saveurs et des odeurs est amoindrie. Deux sens sur cinq, c'est beaucoup. En exagérant, on ne perçoit donc le monde qu'à travers la vue, l'ouïe et le toucher; ce n'est alors qu'une perception partielle du monde.
En fumant, on ignore volontairement des informations sensibles de l'extérieur: on se replie sur soi.
    On peut aussi voir la chose comme une volonté de ne pas prendre en compte certaines informations pour pouvoir se concentrer sur les autres: la vue, le toucher, l'ouïe.
Cependant, on reçoit quand même des informations: celles données par la cigarette. Gagne-t-on au change? Tout dépend de ce que l'on cherche, en fait. Une perception sensible de ce qui nous entoure, où une perception forcée d'un ensemble de sensations que fournit la cigarette :odeur de brûlé et de tabac dans la bouche, langue qui pique, sensation d'avoir la bouche remplie de quelque chose d'impalpable et d'immatériel...Cette dernière sensation est d'ailleurs assez singulière pour que l'on n'y prête pas attention, même inconsciemment. En effet, on ne la retrouve nulle part ailleurs, car même un jour de froid, on recrache de la buée qui s'apparente à la fumée, mais on ne la sent pas évoluer dans la bouche.
On ne peut donc pas se concentrer complètement sur les autres sens. Fumer anesthésie deux sens, et atténue la sensibilité des autres, car apporte d'autres éléments très forts qui sollicitent plusieurs sens (le goût, l'odeur, le toucher).

Ceci n'est en aucun cas une critique ni une éloge de la cigarette, mais une simple constatation.

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mardi 6 mai 2008

C'est l'histoire de deux êtres qui poursuivent un ange.

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Qu'est ce que tu crois, être le roi,                              
Non ça ne se passe pas comme ça,
Il suffit pas de l'embrasser
Quand elle est à moitié bourrée

Qu'est ce que tu crois, être la reine,
Je ne veux pas t'faire de la peine,
Mais cett' fille là n'est pas à toi,
Cette fille là ne t'aime pas...

Sors-la de ta tête, petit fou,
Pourquoi tu t'entêtes, petite oie,
Cette fille là n'est pas pour toi
Cette femme là n'est pas pour vous...

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dimanche 4 mai 2008

    "Leur civilisation disparue, ils se sont trouvés comme des escargots dont un gamin a cassé et arraché la coquille pour voir comment c'est fait dedans. Tiens, des escargots, ils ont dû en consommer pas mal, ça va pas vite. J'espère qu'il y avait beaucoup d'escargots. Vous aimez les escargots, petite sœur? Ils sont repartis d'au-dessous du barreau le plus bas de l'échelle, et ils on refait toute la grimpette, ils sont retombés en route, ils ont remonté encore, et retombé, et, obstinés et têtus, le nez en l'air, ils recommençaient toujours à grimper, et j'irai jusqu'en haut, et plus haut encore! dans les étoiles! Et voilà! Ils sont là! Ils sont nous! Ils ont repeuplé le monde, et ils sont aussi cons qu'avant, et prêts à faire de nouveau sauter la baraque. C'est pas beau ça? C'est l'homme!"

Barjavel, La nuit des temps

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mardi 1 avril 2008

Fumier

Je la regardai passer. Un souffle, je fut hypnotisée.

    -Vous la trouvez belle, n'est-ce pas?
Un homme. Je me retourne.
    -Je...oui. Elle est belle.
Il rit.
        « -Non, elle n'est pas belle! Non !
    -Pardon?
    -Non, elle n'est pas belle. Elle est tout simplement vivante. Elle est une boule, un concentré de vivant. Pas comme tous ces....ces hommes, là, qui ne le sont qu'à moitié. Ce sont des morts-vivants! Vous n'êtes que des morts-vivants ! »

Il criait dans la rue, interpellant les passants qui pressaient le pas. Rien ne pouvait l'arrêter. Je me tenais à côté, et l'écoutait, fascinée.

    « -Vous vous rendez au boulot tous les matins, hagards, sans vous demander pourquoi, dans le fond. Pourquoi vous supportez les embouteillages? Le métro? La gueule de vos collègues? Et même, comment pouvez-vous supporter le réveil-matin?
    Pour gagner votre pain, dites-vous. Oui, certes. Il faut bien nourrir ce corps qui nous encombre, mais encore? Cette vie-là vous contente? Etes-vous heureux de faire semblant de l'être?, à gaver votre tête de conneries et à croire à des bobards, à cette merde de propagande qui nous répète chaque jour que nous sommes heureux? Mais qui est heureux dans ce bas monde, qui?
    Comptez le nombre de personnes qui s'extasie devant une fleur qui s'ouvre. Cherchez les gens qui s'émerveillent devant un arc-en-ciel imprévu, et qui s'arrêtent pour le regarder. Comptez, vous serez surpris. Où plutôt non, vous ne le serez pas...car ce monde est blasé. L'idiot, celui qui s'étonne, est un fou pour la plupart d'entre nous. Rien qu'un fou qui nous fait perdre du temps! Qui empêche le rendement. Et bien pour moi, mademoiselle, cet idiot là est un homme vivant. Un homme qui a une âme. Pas comme vous, monsieur,  qui avez un tel paquet de merde devant les yeux que vous ne vous en rendez même pas compte!
    C'est grâce aux idiots que le monde tourne. Vous me dégoûtez, tous autant que vous êtes. Votre âme est enfermée au plus profond de votre corps, elle a de la merde sur les ailes et ne peut s'envoler. Des milliers d'âmes, d'oiseaux mazoutés qui regardent le ciel. Qui se disent qu'en regardant de là-haut, peut-être qu'on y comprendrait quelque chose. Mais non. Enterrés dans ce monde, dans cette merde, vous le restez. Parce que le fumier, ça tient chaud. »

Sur ces mots, il tourna les talons et disparu dans la foule. J'eus une pensée pour Baudelaire et ses fleurs qui poussent dans le mal, dans le fumier. Puis je suis partie, moi aussi. Laissant dans l'air les échos de la haine d'un homme qui a peut-être raison.

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dimanche 17 février 2008

Les migrations

Je suis partie de ma ville en octobre. Mais comme c'est ma ville, et que pour l'instant il n'y a pas de place pour l'autre dans ma tête, j'y reviens tous les week-end. J'expérimente les trajets en train, et toute sorte de transports.

Le plus étrange, c'est les dimanche soir. Pas parce que le lendemain c'est lundi, enfin, pas particulièrement. Ce que je trouve bizarre, c'est surtout de voir les dizaines de couples qui s'embrassent en même temps sur le même quai de gare en attendant le même train. Le dernier baiser avant vendredi soir, où les mêmes couples s'embrasseront sur les mêmes quais aux arrivées des mêmes trains. Je crois qu'un jour ils vont se tromper. Si ça se trouve, ils ont tous une place précise sur le quai, où l'autre partie du couple a l'habitude de les attendre. Il suffirait alors de permuter ce petit monde et tout est chamboulé. Non, ça ne marche pas comme ça, on est pas des robots.
Enfin...parfois j'en doute. Tiens, par exemple: venant d'une petite ville, j'ai expérimenté dans la nouvelle un transport unique en son genre, le métro. Et bien, dans le métro, pourquoi tout le monde se protège de chacun devant le même journal - inintéressant, soit dit en passant- ? On dirait que chacun se fabrique un cabane avec un bout de papier journal en faisant mine d'être captivé par un article.
J'ai essayé de lire dans le métro, une fois. Drôlement fortiches, le gens de cette ville...c'est quasi impossible! Les oreilles ont du boulot, là dedans. Elles captent tout: les jingles des stations de métro, les commentaires des lycéens sur leur montagne de boulot du jour, des bribes de conversations sur  qu'est ce que je fais ce soir à manger, t'as envie de manger quoi ce soir, et tu lui fais quoi à manger ce soir au gosse, t'as bien fait tes devoirs, alors bien ce week-end, et toi tu mets quoi comme bonnet de soutien-gorge? Epuisant...Alors lire un bouquin? Dur, où alors c'est un magazine féminin, un magazine de voitures, où un journal de métro...on y revient.

Ce que je préfère dans les trajets de la semaine, c'est celui du vendredi. C'est le même que celui du dimanche, mais à l'envers. Non en fait, c'est pas le même du tout.
Le retour du vendredi -car c'est bien un retour- il est prêt dès le jeudi soir. Le sac et fait, le planning est bouclé. En fait, je me fous des cours du vendredi. Mon but de la journée, c'est de rentrer le plus vite possible. Prendre le premier bus, courir dans le métro, arriver à la gare et attendre son train sur le quai parce qu'on a une demi-heure d'avance, et que le train de 18h22 est toujours en retard.
C'est marrant, l'attente du train le vendredi. Il y a deux sortes de gens: ceux qui prennent le train quotidien et ceux qui prennent leur train hebdomadaire. Les hebdomadaires piétinent, les quotidiens patientent. Et puis il y a ceux qui observent. Ceux qui se disent que le temps n'est jamais perdu, qu'il suffit de bien l'utiliser. Il y a ceux qui rêvent, aussi. Ceux-là ont le regard dans le vide, ils planent à cent mille lieux du quai numéro trois, du éloignez vous de la bordure du quai s'il vous plaît, du poussez vous j'ai un train à prendre. Des fois ils sourient, des fois ils ont le regard noir. En tout cas ils ne sont pas ici.
Moi j'attends, parmi les hebdos, le petit wagon qui me ramènera chez moi.

Une ville ne s'adopte pas en trois mois, ni en cinq, ni en douze. Je ne suis que de passage, ma vie n'est pas ici. J'attends mon train du vendredi.

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jeudi 14 février 2008

Rêve de lune

    Elle a pris la théière dans le petit placard au dessus de l'évier. Elle l'a remplit d'eau, consciencieusement, sans déborder. Comme d'habitude. Elle a versé un peu de thé dans son bol, un grand bol rouge en terre. Du thé vert, pour le matin.
Puis elle s'est enfermée dans la salle se bains. Le chat n'a pas compris, il ne pouvait pas la regarder se passer de l'eau sur le visage, se brosser les cheveux, il ne pouvait pas lui réclamer de l'eau au robinet. Il avait beau gratter, miauler, il ne pouvait pas entrer.
A l'intérieur, elle se regarde dans le psyché. Il lui renvoie des yeux perdus, un regard hagard, un visage qu'on pourrait attribuer à la petite heure, ça ira mieux tout à l'heure, après le thé, après la douche, après le réveil. Mais ce n'est pas comme d'habitude. Elle est du matin, elle a un regard clair et affirmé, d'habitude, on dirait qu'elle ne dort jamais, d'habitude.
Ce matin, elle a compris. Dans un rêve, cette nuit, elle se souvient. Jamais elle ne se souvient de ses rêves, d'habitude. Elle les laisse à la nuit qui les emporte et les garde pour elle. Elle se souvient d'un paysage, une plaine grande, verte, infinie. Elle se souvient d'avoir le dos lourd, chargé d'un sac, chargé de provisions. Elle est en voyage. Elle marche, marche, vers un lieu qu'elle ne connaît pas, un espace qu'elle n'a jamais vu. Elle marche, marche, chaque pas l'éloigne du lieu de sa vie d'avant. Sa ville qu'elle a tant aimée, ses amis, son travail. Sa vie qui est la vie de tout le monde, elle l'a laissé derrière. Elle le sent, elle s'éloigne, pas à pas elle marche, se sent plus légère, sourit enfin au vent qui la porte, sourit à la terre qu'elle foule, sourit à elle-même qui vit. Elle rit, enfin, de tout son cœur. Plus rien sur son dos, c'est si léger, plus rien dans son corps, elle ne pèse plus. Elle court alors, dans cette plaine verte de fin d'hiver. Elle court, court et ne pèse plus rien, petite plume qui fuse dans la brume matinale. Petite plume qui rit. Elle s'envole dans le vent qui la porte dans ses mains glacées, elle n'a plus de corps, elle n'a plus de poids, elle n'est qu'un rire porté par le vent qui voltige et virevolte dans le ciel grisonnant du matin. Son rire la porte, le vent ne fait plus rien, il la contemple, là, qui s'échappe. Elle fuse à présent, elle est un son, rien qu'une onde dans le ciel glacé. Elle rit, rit encore pour accélérer, slalome entre les gouttelettes de brouillard. La vieille montagne la regarde passer avec envie, la pousse un peu pour lui donner du courage, encore.
Elle n'en a pas besoin, elle monte, monte encore plus haut, toujours plus haut vers le ciel étoilé. Fuse, Fuse encore plus vite vers l'astre qui apparaît, là, soudain.

    Elle attend. Calme et blasée, elle a envie d'une tasse de lait et d'une petit cigarette. Madame la Lune fume ses nuages et boit son verre de galaxie. Elle s'ennuie. Elle a fini par connaître tout de la Terre qu'elle survole à longueur de nuit. Elle s'est lassé des mythes et des belles histoires racontées à son sujet. Elle a déjà vu les âmes de tous les hommes qui l'ont contemplé. Les romantiques, les amoureux, les mystiques, les ivrognes, les poètes. Tous les mêmes...Elle n'en peut plus, voudrait partir, s'évader, explorer l'espace et saluer les astres inconnus. Mais non. Impossible, lui dit le Soleil. Que diraient les hommes?
« Qu'ils rêvent dans un ciel noir, les hommes. Un ciel sans Lune...Je m'en fous, je me barre! avait crié une nuit madame Lune en réveillant le Soleil. Je ne veux plus de ces règles, je ne veux plus de cette vie, je veux voir du pays ! »
« Voir du pays? Mais ma pauvre, tu te rends compte de ce que tu cries? lui répondit le Soleil de sa grosse voix endormie. Que diraient la mer? Et les loups-garous? Pauvre petite...Tu es née ici, tu mourras avec moi, c'est ainsi. Tu ne peux pas t'enfuir, je ne le permettrais pas. »
Depuis ce temps, elle attend. Tous les matins elle s'endort avec un espoir de rencontre dans la nuit prochaine.

    «Un coup dans la tête. Brutal, inattendu. J'ai mal. Bonjour, mon crâne. Ah! j'ai une tête! Un poids sur mes cheveux. C'est doux, chaud, mais ça pèse lourd, et il y en a deux. Des mains? J'ai deux mains! Ça bouge dans mon visage. Droite, gauche, haut, bas. Sensations oranges et noires. J'ouvre. Des yeux?
Devant moi, un regard hagard, deux billes humides, des yeux qui pleurent. Le psyché n'a pas réfléchi, il me renvoie les images d'une réalité qui ne me convient pas.»

    Elle s'est levée, a ouvert la porte de la salle de bains. Elle s'est assise sur son lit, a pris la tête dans ses mains, longtemps. Puis elle s'est levée, a mis dans un grand sac des objets. Toutes sortes d'objets inutiles. Elle a mis des chaussures qui ne craignent rien, elle a pris la clé de son appartement, et l'a jeté dans la poubelle. Elle a embrassé son chat, ouvert la fenêtre et claqué la porte. Elle a marché, marché dans la ville inconnue. Elle s'est perdue dans la campagne endormie. Elle a jeté son sac dans un champ de terre, elle s'est écorché les jambes dans les herbes folles. Elle avance, avance dans la forêt sombre.
Elle a faim, soif, surtout. Elle n'est rien, plus rien. La douleur lui rappelle qu'elle a un corps, qu'elle est un corps. Un amas de chair glacées qui s'affale dans les feuilles mortes de la fin d'hiver. Elle a froid.
Dans la nuit, la lune perce d'une lumière glacée la forêt endormie. D'un oeil mort, elle la regarde et pleure une dernière larme de vie.

    Elle a fini sa cigarette, elle a brûlé la vie d'un nuage. Elle contemple une énième fois la Terre. Du bleu.
Elle écoute. Rien. Du vide, silence absolu. Elle ferme les yeux.
Soudain un bruit. Petit, imperceptible, lointain. Il a brisé le silence un court instant. Un petit son, comme une cascade, un ruisseau qui chante. Un rire.

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mardi 12 février 2008

Mot déchiré recomposé recopié photographié retouché posté. Mot que tu ne liras pas.

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